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avril 2008

"Arc-en-ciel onirique du quintet d'Oxford !!!"

Radiohead_inrainbows_2 " In Rainbows" de RADIOHEAD

On a beaucoup entendu parler du dernier album de Radiohead depuis sa sortie (octobre 2007). La mini révolution dans son système de diffusion (uniquement sur le net dans un premier temps) et aussi dans son prix (totalement libre, sans minimum). L'affaire étant tellement inédite que nombre d'émission qui n'avaient jamais parlé d'eux auparavant l'ont relatée. Enorme tapage médiatique cet automne autours de plusieurs interrogations alors suscitées : Est-ce un coup marketing ? Est-ce le début de la mise à mort des maisons de disques ? Quel avenir pour le support C.D ? Etc...O.K, bien que toutes ces questions soient très intéressantes et essentielles, la musique dans tout ça ! Car si l'on a beaucoup glosé sur l'événement, on a très peux entendu parlé du contenu, de la qualité artistique de ce disque ! La question essentielle, qui m'intéresse, est la suivante : est-ce un bon album ?

Depuis le temps qu'on (je) l'attendait (le dernier "Hail to the thief" date de 2003), le petit nouveau est enfin là ! Quel plaisir de pouvoir enfin écouter le nouveau cru du quintet d'Oxford. Et maintenant, après plusieurs mois d'écoute intensive, ma vision en est plus clair et aboutie. Malgré tout, il est très difficile pour un fan comme moi d'être totalement objectif. Mais je vais quand même essayer.

Depuis OK Computeur (1997), on ne sait jamais où leurs aventures soniques nous conduiront : le choc de "Kid A" (2000) et "Amnesiac" (2001), l'excellent "Hail to the thief". Radiohead nous a habitué à l'expérimentation, à toujours repousser plus loin les limites du rock et de la "pop" ! Comme pour les autres, il faut plusieurs écoutes avant de pouvoir apprécier pleinement ce disque. "15 steps" ouvre les hostilités. Batterie et basse électro-jazz, nappes de synthé, arpèges de guitare, bidouillages sonores et la voix toujours aussi touchante de Thom Yorkes. "Bodysnatchers" nettement plus rock est basé sur un riff de guitare bien lourd. "Nude" est une belle ballade languisante, "Weird fishes/Arpeggi" aussi mais avec une rythmique plus electro et une petite dose psyché en plus. Sérieux ralentissement de tempo sur "All i need" avec sa basse pesante et lourde, le spleen guête ! "Faust Arp" est de facture plus classique avec sa guitare folk et ses cordes. "Reckoner" et sa cymbale très (ou trop) accentuée. "House of cards" est plus mystérieux et contemplatif avec ses sons et choeurs atmosphériques. L'imparable single "Jigsaw falling into place" est peut-être le titre à la construction la plus ambitieuse, break entêtant et répétitif à l'appui, rappelant "Everything in it's right place" de "Kid A" ! Et le final "Videotape" commençant piano et voix avec sa rythmique déglinguée venant s'y greffer par petites touches, progressivement, tout en douceur comme le morceau !

Dans l'ensemble, "In rainbows" est plutôt calme et planant. La voix de Thom Yorkes est toujours aussi bouleversante et puissante. Et cette fois, elle est mise plus en avant, plus de valeur. Comme d'habitude, la production est très soignée (ça en devient un pléhomasme), mais plus sobre et moins novatrice je trouve.

Je vais être honnête, ce n'est pas, à mon avis, leur plus grand et meilleur album. Mais il est très réussit et il fait partie, avec "Neon Bible" d'Arcade Fire,des meilleurs disques 2007 ! C'est déjà un exploit ! Alors, à tous ceux qui ne le possède pas encore, n'hésitez pas ! D'autant que maintenant,il a bénéficié d'une sortie "classique" ! En espérent ne pas attendre aussi longtemps, vivement le prochain. Car avec Radiohead, l'avenir s'annonce toujours aussi palpitant ! A suivre ......

"The western lands" de GRAVENHURST (2007)

Gravenhurst_thewesternlands Dans la série des grands disques méconnues, j'ai envie de vous parler du quatrième opus de Gravenhurst, sortie sur le label anglais Warp, plus connu pour ces prod' electronica et expérimentales (Board Of Canada, Autechre, Beans, etc..)! Originaire de Bristol, c'est le projet d'un musicien sacrément doué, Nick Talbot.

Deux ans après le magnifique "Fires in distant building", voici donc le dernier Gravenhurst, sortie en aout 2007. Toujours aussi beau et bouleversant de mélancolie !

"The western lands" est à la fois plus accessible et plus "pop" que les précédents. Bien-sûr, on retrouve sur certains morceaux ce coté folk-noisy qui nous avait tant plu, ce rock atmosphérique hanté comme sur "She dance" ou "Hollow man". Mais les autres titres sont beaucoup plus lents, planants et "lo-fi". A l'écoute de "Trust" et "Hourglass", on ne peux s'empêcher de penser au Velvet Underground ! Ce contraste lumière/noirceur, douceur/violence, cette façon d'imprégner subtilement la conscience, l'âme. Le final "The collector" est une ballade beaucoup plus "pop", avec montée progressive et claviers planants. La voix de Nick Talbot, écrin superbe, envoûte sans jamais en faire des tonnes. Tout en nuance !

Avec cet album, dont le nom est tiré d'un roman de W.S.Burrough, Gravenhurst devrait enfin connaître un plus grand succès. C'est tout le bien qu'on peut leur souhaiter ! Et d'après les extraordinaires échos que j'ai eu de leurs concerts, si Gravenhurst passe près de chez-vous, ne les ratez pas !!!!!

                   Francky 01 le 29/04/08

"Nice & nicely done" de The Spinto Band (2006)

Spintoband1    Et bien, voilà un premier album bien sympathique, capable, dès la première écoute, de faire entrer le soleil un jour pluvieux dans nos chaumières ! Un receuil de pop song faussement naïves, véritable manifeste sonore d'optimisme et de béatitude. Leurs auteurs : six kids, agés de 19 à 24 ans, à l'apparence juvénile, venus de Delaware U.S.A.

Cet album enchaine sans temps morts ni déchets dix petites perles pop, alliant la nonchalance "lo-fi" de Pavement, le lyrisme d'Arcade Fire à l'efficacité "dance" de Franz Ferdinand. Et sur certains morceaux, on croirait même entendre le spectre musicale des Beach Boys. Du tubesque "Oh Mandy" au disco-pop "Crack to helmet", c'est une véritable synthèse sonore du meilleur de la pop music des quarante dernières années !

Bien-sûr, ils ne révolutionnent pas le rock et la pop. On ne s'appelle pas tous Radiohead ! Mais ce qu'ils en font est inouï. Leurs chansons transpirent la joie de vivre, l'innocence et la sincérité. Elles donnent envie de courrir dans tous les sens, d'embrasser la première (ou premier) venue et d'hurler au monde son amour de la vie !

Alors, pour lutter contre la morosité ambiante, une seule solution : écouter en boucle "NICE & NICELY DONE" !!!!

                            Francky 01 le 29/04/08

"Le fils de l'épicier" d'Eric Guirado (2007)

Lefilsdelepicier_2  "Chronique humaniste !!"

Suite à un problème de santé du père, son fils Antoine revient dans le village qu'il avait jadis fuit afin de reprendre les tournées de l'épicerie familiale.

Un homme sur un escalator. Gros plan sur la main. Métro. Images d'enfances en super 8, celle d'Antoine, le héros. Musique folk planante. C'est par cette magnifique séquence que débute "Le fils de l'épicier", le dernier film d'Eric Guirado.

Le retour du fils, vilain petit canard, dans l'antre familiale. La famille justement est au coeur de ce superbe film, avec son lot de secrets, de souffrances, de disputes, de non-dits qui pèsent sur chacun de ses membres. Les deux fils tout d'abord. Antoine, le héros, celui qui a fuit depuis dix ans, celui qui ne communique presque plus. Son frère, qui lui est resté au village, remplis de rancoeurs et de regrets, et qui ne s'est toujours pas remis de sa rupture amoureuse. Le père aussi, petit commerçant, véritable ours, qui n'a jamais supporté qu'Antoine parte et ne reprenne pas la boutique. Et sa femme, mère courage, qui tente tant bien que mal à preserver un semblant d'unité familiale. Tout ce petit monde va tenter de cohabiter ensemble, par la force des choses, et apprendre à se (re)découvrir, à s'aimer, à se comprendre !

Mais ce n'est pas qu'un simple film de famille. Par le prisme de l'épicerie, c'est aussi une magnifique chronique rurale. Guirado, en digne héritier de Manuel Poirier, décrit parfaitement la vie de ces petits villages. A la manière d'un naturaliste, il peint avec beaucoup d'humour et de tendresse les us et coutumes de ces habitants. On rit sur de nombreuses scènes mais sans se moquer. Ainsi, sous le regard humaniste et généreux de Guirado, c'est tout une galerie de personnages attachants et hauts en couleurs qui se succèdent au gré des tournées de l'épicerie ambulante (Lucienne, le père Cléments, etc..). Les personnages justement : Antoine (Nicolas Cazalé), Claire sa copinne (Clothilde Hesme), le père (Daniel Duval), la mère (Jeanne Goupil), Lucienne (Liliane Rovère), etc..! Avec beaucoup de sincérité, ces acteurs subliment tous leur rôle !

Par sa musique folk-country très planante (Christophe Boutin), ces grands espaces magnifiquement mis en image par le chef opp' Laurent Brunet (Raphaël Nadjari, Amos Gitaï, ...), le film est aussi un road-movie "campagnard" !

Certain trouveront que par son scénario, son sujet, le film s'apparente à un téléfilm Fr3 du samedi soir et il n'auront pas tout à fait tord ! Mais après tant d'émotions, de sincérité, de superbes images et plans, "Le fils de l'épicier" remporte haut la main mon adhésion ! Et vous !!!!!!!!

                 Francky 01 le 28/04/08   

"HAPPINESS" de Sébastien Schuller !!!

HappinesssebschullerIl y a des disques, bien que magnifiques et très aboutis, restent hélas méconnus du grand public. Pas ou peu de passages radio et télé (hormis quelques îlots de résistance type "Tracks" sur arté), mal distribués (n'allez pas les chercher dans les rayons des supermarchés), ils n'ont droit qu'aux honneurs de la presse spécialisée. "Happiness" est de ceux-là !

Sortit en 2005 sur le petit label catalogue, ce premier opus est l'oeuvre d'un modeste artisan "pop" parisien, Sébastien Schuller. Un citadin trentenaire, les deux pieds dans la ville mais l'âme et la tête dans les nuages. Modeste artisan je disais, mais pas du tout médiocre, tant la qualité de l'ouvrage est impressionnante ! Du véritable travail d'orfèvre ! Sébastien Schuller à entièrement écrit, composé, interprété (voix, choeurs et tous les instruments) et enregistré ce disque en solitaire. Et ceci dans son appart' sous les toits de Paris, en pleine ville. "Happiness", malgré tout, est pourtant une ode aux grands espaces, aux voyages imaginaires, à l'extase, au bonheur et à la mélancolie ! Véritable kaléidoscope de sentiments contradictoires, de sensations, d'ambiances bucoliques teintées de mélancolie ! Parfois, au détour d'une mélodie, le spleen rôde ! Mais c'est un spleen emplis de clarté, de lumière. L'espoir est toujours présent !

Nul déchets sur les onzes titres qui constituent cet album, tous serties de main de maître. De l'ouverture "1978" au final "Le dernier jour", c'est le même souffle lyrique qui emporte l'auditeur, le faisant traverser, tel "Alice au pays des merveilles", de l'autre côté du miroir. Comme envouté, on en ressort léger, heureux, "happy" et appaisé. Bien sûr, certains morceaux se démarquent, comme mon préféré, l'onirique et épique "Where we had never gone". Véritable architecture foisonnante et complexe, ce disque est un parfait équilibre entre bidouillages electroniques et instruments (guitare, basse, synthés..).

Malgré une production maison, on ne peut qu'être admiratif par sa qualité, par ses trouvailles sonores. "Happiness" pourrait s'apparenter à du Radiohead "Lo-fi" : même travail sur les choeurs et le son, même lyrisme, mais avec des moyens beaucoup plus modeste.

HAPPINESS : Bonheur, qui rend heureux ! Cette définition du dictionnaire résume parfaitement ce disque. Et quel disque !!!! A découvrir d'urgence !

                     Francky 01 le 28/04/08

Poème ?!!!

Ls0809 POEME :   "Que fais-je de ma vie."

Que fais-je de ma vie

Sinon garder l'envie,

D'y croire toujours encore

A cet espoir pas mort.

De vivre sans souffrance

De vivre sans abscence

Je m'y accroche comme à

Ce naufragé perdu

Divaguant dans l' au-delà

Sur son radeau déchu.

Que fais-je de ma vie

Que fais-je de ma vie ?

J'ai longtemps erré sur les routes

Et je m'y suis souvent perdu

Car ces routes de ma déroute

M'ont emmené vers l'inconnue.

Cette inconnue souvent obscure

Cette inconnue qui me murmure

Des choses étranges me faisant peur

Qui ne rimaient pas avec bonheur.

Que fais-je de ma vie

Que fais-je de ma vie ?

Un peu d'espoir et puis s'en va

Moi sur le quai qui attend là

Le bateau qui m'emmènera

Loin de cette vie, bien au-delà

De toutes ces nombreuses souffrances

Vécues dans le plus grand silence.

Que fais-je de ma vie, que fais-je de ma vie ?

             Francky 01 le 26/04/08

J'écoute ce disque de Bonnie Prince Billy !!!

Thelettinggo"THE LETTING GO" (2006) J'écoute régulièrement cet album de folk élégiaque !

Touché par la grâce ! C'est ainsi que l'on pourrait qualifier le dernier album de Bonnie Prince Billy alias Will Oldham !

"The letting go" est un disque appaisé, beau à pleurer, emplie de lumière et de vie, un peu comme le soleil se couchant sur un lac embrumé. Un disque à écouter au coin du feu, sorte de B.O idéale de "Brockeback Mountain" d'Ang Lee, pour cow boys sentimentaux ! Un disque où le bois (guitares acoustiques) se marrie parfaitement avec l'électricité (guitares et basses), par petites touches impressionnistes, ainsi qu'avec des cordes élégiaques et somptueuses (violons et violoncelles). Un disques nourri des légendes d'Islande où il a été enregistré, de ces elfes et autres fées ! Justement en parlant de fées, il y en a une qui s'est invité sur l'album. C'est la chanteuse méconnue Dawn Mc Carthy. Elle illumine de sa voix angélique l'album, superbe écrin sonore accompagnant le spleen de Will Oldham ! Egalement présent son frère Paul Oldham, fidèle compagnon de route ainsi que Jim White à la batterie. Tous trouve une place harmonieuse grâce à la production sobre et très efficace de Valger Sigurdsonn, célèbre ingé son islandais. Il intègre même, à cet ensemble très folk, de discrètes sonorités et rythmiques electro.

On traverse ce disque tout en douceur, appaisé et léger, touché par autant de grâce ! Comme envoûté après un sortilège, mais dont le sort ne serait pas maléfique, bien au contraire !

Bonnie Prince Billy n'est pas un inconnu ! En 1999, il avait déjà composer la bande-son d'un millénaire finissant et agonisant ! C'était le crépusculaire "I see a darkness". Un chef d'oeuvre de folk baroque ! Et au début des 90's, il fondait les Palaces Brothers !

Aujourd'hui, après plusieurs changement de nom et quinze ans de carrière, il reste un des seul digne successeur du grand Neil Young !

               Fancky 01 le 26/04/08

CccoRosie : "Noha's ark" (2005) !!!

Cocorosie_nohasark Bien qu'ayant déjà parlé des CocoRosie il y a pas longtemps, je ne peux m'empêcher de récidiver. Quand on aime, on ne compte pas ! De surcroît, c'est un groupe qui mérite d'être plus connu.

Question : Comment réussir son second album quand, en guise d'entrée, on a réalisé un premier essai novateur, original et personnel ? Tel était l'enjeu de "Noha's Ark" !

Réponse : Et bien, tout simplement en poussant plus loin l'exploration, la recherche stylistique commencé sur le first opus !

A l'aide d'instruments conventionnels (guitare, harpe, piano, ..), de sons domestiques mis en boucles (leur marque de fabrique), les deux soeurs donnent vie à leur folk déglingué. Leurs chansons, comptines à la beauté malade, sorte de boîte à musique cassée, rouillée, sont toujours aussi poétiques, troublantes et enivrantes. A nouveau, elle dépoussièrent le folk de façon inouï tout en s'inscrivant dans sa déjà longue histoire ! Comme actuellement le font Anthony and the Johnsons, Devendra Banhart (présent sur le disque), Animal Collective, Andrew Bird, Joanna Newsom, etc...

Pendant tout l'album, on est encore transporté ailleurs, dans leur monde, grâce aux voix plaintives et ô combien superbes des deux soeurs. Et quel bonheur de retrouver Spleen, chanteur, rappeur et human-box français dont je vous recommande vivement son album (She was a girl) !

Si vous avez aimé "La maison de mon rêve", ce disque est fait pour vous ! Si vous ne connaîssez pas "La maison de mon rêve", ce disque est aussi fait pour vous ! Une très grande oeuvre !!!!

                  Francky 01 le 10/04/08

TV ON THE RADIO : "Return too cookie mountain" (2006)

Tvontheradio2"Bizarre, vous avez dit bizarre. Comme c'est bizarre !" Cette réplique de ciné culte, beaucoup d'auditeurs ont du se la dire à l'écoute de cet album O.V.N.I ! Moi le premier ! Post-rock ? Electro-funk expérimentale ? Free-soul ? Inclassable en tout cas et c'est tant mieux ! C'est ce qui fait la force et l'originalité de ce quintet new-yorkais.

Les revoilà donc en 2006, après "Desperate Youth, Blood Thirsty Babes", leur première attaque sonique déjà bien barrée et novatrice sortie en 2004. Comment, malgré tout, définir leur musique ? Ce pourrait être My Bloody Valentine jouant de l'électro-funk avec Pharoah Sanders et Sun Ra (2 génie du free-jazz) dans un album soul produit par Brian Eno sous champignons hallucinogènes !!! Vous dire le délire ! Tout ceci pourrait être "le grand n'importe quoi" mais pas du tout. Quand le talent est là !

Difficile donc à expliquer leur musique ! Faite de secousses noisy, d'éruptions volcaniques, de blues aux charbons ardents et de rares moments d'accalmies, elle se ressent, se vit plus qu'elle se raconte. Un peu comme le cinéma de David Lynch ! D'où ma difficulté à vous en parler !

Mais cette musique tient du génie ! D'ailleurs, l'ami Bowie ne s'y est pas trompé, lui le dénicheur de talent. Il s'est invité sur un morceau (blues from down here), expérience qui a du lui rappeler ses grandes heures avec Brian Eno. Grande référence du disque justement, tant au niveau de la production que de l'innovation sonore !

Bizarre, mais plus je l'écoute, moins je la trouve bizarre justement leur musique ! Ce disque fait partie de ces oeuvres complexes, originales et novatrices qu'il faut, d'écoute en écoute, apprendre à découvrir et à aimer. Un peu comme avec le jazz, celà se mérite ! Mais le plaisir est à la clef !

Alors, vous aussi, prêt pour regarder la TV à la radio !!!!!!!!

                Francky 01 le 10/04/08

COEURS d'Alain Resnais : "Et la neige tombe...!"

Coeurs Certains films vous bouleversent, vous touchent au plus profond de votre être. Leurs visions deviennent alors une véritable expérience émotionnelle, sorte de plongée vertigineuse au coeur de votre âme. Ils laisseront des traces, comme les pas dans la neige ! Mais celles-ci seront beaucoup plus profondes. "Coeurs" est de ceux-là !

Paris, c'est l'hiver et il neige ! Sept personnages à la dérive, en quête d'espoir et d'amour vont se croiser, se rapprocher, se désunir au gré d'un scénario superbement construit. Il est, comme "Smoking-No smoking", signé Alan Ayckbourn. Et ainsi va l'histoire dans ce magnifique chassé-croisé amoureux et affectif !

Ce qui frappe d'entrée, c'est la neige, omniprésente. Elle tombe inlassablement pendant tout le film, aussi bien dehors qu'entre chaque scène, sorte de trait d'union systématique entre celle-ci, remplaçant le traditionel fondu enchaîné. Mais ce n'est pas seulement qu'un effet stylistique. Véritable métaphore visuelle, elle symbolise la non-communication entre les personnages, leur abscence d'amour, leur incapacité à se comprendre et à s'aimer, leur solitude affective. Leurs relations sont comme gelées !

Et cette neige n'a rien de joyeux ! Cela rappel ces plans mystérieux et répétitifs de "L'amour à mort" qu'il a tourné en 1984. La mort rode dans "Coeurs", du corps (le vieux père) comme de l'âme ! Le morbide, la mort ! Thématique que Resnais a déjà mainte fois abordé dans ces précédents films ("L'amour à mort", "Hiroshima mon amour", etc...). Mais cette fois, c'est peut-être la sienne aussi qu'il sent doucement venir, à quatre-vingt quatre ans ! Et cela rend le film encore plus touchant.

Malgré la relative gravitée du propos, "Coeurs" joue sans arrêt avec le ton, passant du rire au larmes, de la comédie au drame avec une facilitée déconcertante, s'autorisant même l'absurde ! En plus de son habituelle bande d'acteurs : Lambert Wilson, Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussolier et Claude Rich (ou plutôt sa voix), de nouvelles recrues (Isabelle Carré et Laura Morante) sont apparue dans l'univers de Resnais. Et ils sont tous excellents !

Alors, à quatre-vingt quatre ans, Alain Resnais prouve qu'il est plus créatif que jamais ! En un mot, sublime !!!!!!!!

              Francky 01 le 08/04/08