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avril 2008

Le retour magique des SPARKLEHORSE !!!

Aujourd'hui, ami lecteur, j'avais envie de vous parler de ce disque qui squatSparklehorse3te ma platine : "Dreamt for light years in the belly of a mountain" des Sparklehorse (2006).

Grands amis de Radiohead dont ils ont fait leurs premières parties à leurs débuts, on a découvert ce combos en 1995 avec un premier album au nom quasi improbable : "Vivadixiesubmarinetransmissionplot" !

En 2001, avec "it's a wonderful life", Sparklehorse signait leur troisième et meilleur album. Un petit chef-d'oeuvre ! Ce joyau de rock neurasthénique, de folk-country lunaire sous valium explorait l'autre versant du rêve américain. Comme pour d'autres grands disques malades (The La's de Lee Marvee par exemple), son auteur Mark Linkous y a perdu quelques plumes au passage ! Cinq années d'abscences, quasi autant de dépression pour son génial cerveau malade.

Disque du retour, dernières nouvelles des pénombres ! Nouvelle plongée au coeur de l'americana, celle-là même où l'on retrouve, dans les plus profondes et ténébreuses sphères, d'autres superbes combos tels Midlake, Wilco, Neil Young & The Crazy Horse !

"Dreamt.." est peut-être leur album le plus "pop", mais pop dans le sens le plus noble du terme. Cette "pop" qui réussit l'exploit, depuis tant d'années, de transmettre à l'auditeur autant d'émotions, de sensations extrêmes le tout en 3 à 4 min chronos. Durée moyenne des titres de l'album justement, hormis "Morning hollow" et le final "Dreamt for light years in the belly of a mountain", dérive autiste et bruitiste de plus de 10 min.

L'album alterne ainsi de douces ballades mélancoliques et oniriques avec quelques morceaux plus rock, plus sauvages. Richesse des arrangements, recherches sonores notamment sur la voix de Linkous, orgues élégiaques et riffs de guitares sont ainsi convoqués sur ce disque. Moins electronica que le précédent, "Dreamt for...." est un enchantement, une traversée dans le paysage mental d'un groupe ô combien torturé mais tellement passionnant !

                        Francky 01 le 08/04/08

"Grace" de Jeff Buckley !!

Grace Dans la série mes albums cultes, voici "Grace" de Jeff Buckley. Un unique album studio et puis s'en va ...! Tout avait pourtant si bien commencé : first album salué par la critique (surtout en france, éternelle terre d'acceuil des poètes maudits) et le public, tournées mondiales époustouflantes et incessantes. Mais le destin en a décidé autrement, ce tragique 29 mai 1997. Jour fatidique, véritable tragédie "antique". Cet artiste à la voix et à la geule d'ange finira ces jours emporté dans les eaux boueuses du Mississippi ! Mort jeune (31 ans), trop jeune, en pleine gloire et promue au plus bel avenir. Tous les ingrédients pour en faire un mythe, James Dean des temps modernes. Paix à son âmes !

A la première écoute, je fus immédiatement saisie par la voix, d'une puissance rarement égalée. De celle qui vous transporte ailleurs, vers un au-delà inconnu et mystérieux. Une voix d'ange !

"Grace" est donc son unique album studio achevé. Enregistré en 1994, produit avec l'aide d'Andy Wallace, ce receuil testamentaire est un brûlot folk rock aux mélodies pop enflammées. Mais Jeff, musicien virtuose (guitare et divers claviers), s'est mis à la quête d'un "super band" afin d'enregistrer ce chef-d'oeuvre ! Les heureux élus seront Mick Grondhal (basse), Matt Johnson (batterie) ensuite rejoint par Michael Tighe (guitare). Cette union céleste parfaite conduira aux dix titres de "Grace", tous touchés par la grâce et le génie. Dès "Mojo pin" qui ouvre les hostilités, le ton est donné : lyrisme, mélancolie et paroles poétiques. Sa musique, faite de roque, de calme avant la tempête, d'explosion volcanique, de montées orgasmiques, est certainement la plus puissante et habitée des années 90. Et sur les 9 autres morceaux, pas un seul déchet, tous sont du même niveau d'intensité, de créativité à l'état brut. Comment décrire l'émotion ressentie à l'écoute du "Hallelujah" (Leonard Cohen) ? Et que dire de "Grace", "So real" et l'épique "Dream brother" !

Hormis "Hallelujah", 2 autres sont des reprises : "Lillac wine" de James Sheltone version Nina Simone et " Corpus Christi Carol" de Benjamin Britten. Et toutes sont de magnifiques exemples d'appropriations personnelles d'oeuvres d'autres artistes. Véritable traité "d'art de la reprise" ou comment transcender un morceau sans en dénaturer la substance ! Vaste programme.

Un unique album studio terminé mais fort heureusement, avant le jour fatidique, ce 29 mai 1997, Jeff Buckley était en pleine séance d'enregistrement de son second opus ! Le résultat : Sketches (For my sweetheart the drunk), sorte de compil idéale des démos de ces séances studio. Et à la qualité de ces enregistrements, on imagine sans problème l'avenir doré de cet artiste foudroyé en pleine ascension ! Depuis, plusieurs lives posthumes sont sortis. Et le même constat s'impose comme une évidence. Jeff Buckley est certainement l'artiste le plus marquant de ces vingt dernières années, celui qui me (nous) manque le plus. Paix à son âme ! Où que tu sois, repose en paix. Ton nom restera gravé dans le marbre de la story Rock'N'Roll !!!!!!!!!!!!

                                  Francky 01 le 03/04/08