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Mes albums cultes

"Grace" de Jeff Buckley !!

Grace Dans la série mes albums cultes, voici "Grace" de Jeff Buckley. Un unique album studio et puis s'en va ...! Tout avait pourtant si bien commencé : first album salué par la critique (surtout en france, éternelle terre d'acceuil des poètes maudits) et le public, tournées mondiales époustouflantes et incessantes. Mais le destin en a décidé autrement, ce tragique 29 mai 1997. Jour fatidique, véritable tragédie "antique". Cet artiste à la voix et à la geule d'ange finira ces jours emporté dans les eaux boueuses du Mississippi ! Mort jeune (31 ans), trop jeune, en pleine gloire et promue au plus bel avenir. Tous les ingrédients pour en faire un mythe, James Dean des temps modernes. Paix à son âmes !

A la première écoute, je fus immédiatement saisie par la voix, d'une puissance rarement égalée. De celle qui vous transporte ailleurs, vers un au-delà inconnu et mystérieux. Une voix d'ange !

"Grace" est donc son unique album studio achevé. Enregistré en 1994, produit avec l'aide d'Andy Wallace, ce receuil testamentaire est un brûlot folk rock aux mélodies pop enflammées. Mais Jeff, musicien virtuose (guitare et divers claviers), s'est mis à la quête d'un "super band" afin d'enregistrer ce chef-d'oeuvre ! Les heureux élus seront Mick Grondhal (basse), Matt Johnson (batterie) ensuite rejoint par Michael Tighe (guitare). Cette union céleste parfaite conduira aux dix titres de "Grace", tous touchés par la grâce et le génie. Dès "Mojo pin" qui ouvre les hostilités, le ton est donné : lyrisme, mélancolie et paroles poétiques. Sa musique, faite de roque, de calme avant la tempête, d'explosion volcanique, de montées orgasmiques, est certainement la plus puissante et habitée des années 90. Et sur les 9 autres morceaux, pas un seul déchet, tous sont du même niveau d'intensité, de créativité à l'état brut. Comment décrire l'émotion ressentie à l'écoute du "Hallelujah" (Leonard Cohen) ? Et que dire de "Grace", "So real" et l'épique "Dream brother" !

Hormis "Hallelujah", 2 autres sont des reprises : "Lillac wine" de James Sheltone version Nina Simone et " Corpus Christi Carol" de Benjamin Britten. Et toutes sont de magnifiques exemples d'appropriations personnelles d'oeuvres d'autres artistes. Véritable traité "d'art de la reprise" ou comment transcender un morceau sans en dénaturer la substance ! Vaste programme.

Un unique album studio terminé mais fort heureusement, avant le jour fatidique, ce 29 mai 1997, Jeff Buckley était en pleine séance d'enregistrement de son second opus ! Le résultat : Sketches (For my sweetheart the drunk), sorte de compil idéale des démos de ces séances studio. Et à la qualité de ces enregistrements, on imagine sans problème l'avenir doré de cet artiste foudroyé en pleine ascension ! Depuis, plusieurs lives posthumes sont sortis. Et le même constat s'impose comme une évidence. Jeff Buckley est certainement l'artiste le plus marquant de ces vingt dernières années, celui qui me (nous) manque le plus. Paix à son âme ! Où que tu sois, repose en paix. Ton nom restera gravé dans le marbre de la story Rock'N'Roll !!!!!!!!!!!!

                                  Francky 01 le 03/04/08

"Harvest" de Neil Young !!!

1971neilyoung_harvest J'inaugure avec cette note une nouvelle série d'articles me tenant particulièrement à coeur et consacré à "MES ALBUMS CULTES". Vaste débat en perspective car ce choix est totalement subjectif mais assumé ! Et pour le premier, je vais vous parler d'un disque légendaire, "Harvest" de Neil Young.

"Harvest" est peut-être le disque le plus populaire du "Loner" (meilleur vente 1972, classé n°1 au Billboard). Unanimement reconnu par la critique et les fans comme l'un des albums majeurs de l'histoire du rock, il est régulièrement cité dans toutes "discothèque idéale" qui se respecte !

"Harvest" est donc le quatrième album solo de Neil. Véritable pierre angulaire de son oeuvre, il ouvre superbement une "trilogie rurale" qui se poursuit avec "Harvest Moon" en 1992 et se conclue en beauté avec "Prairie Wind" en 2005. Sortie en 1972, il a été enregistré avec des musiciens de renom de Nashville, "The Stray Gators" alias Ben Keith (guitare steel), Kenneth Buttrey (batterie), Tim Drummond (basse), Jack Nitzche (piano, guitare slide et arrangements) et John Harris (piano). Mais l'on retrouve aussi ses acolytes Crosby (David), Stills (Stephen) and Nash (Graham) ainsi que Linda Ronstadt et James Taylors pour les choeurs. Rien que ça ! Neil, quand à lui, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Pour 2 titres, "A man needs a maids" et "There the world", il fait même appel au London Symphony Orchestra. Grâce aux cordes et aux cuivres de l'orchestre, magnifiants ainsi ces morceaux, son folk planant et sa country rurale prennent une dimension épique et lyrique, rarement égalé depuis.

Personnellement, c'est avec ce disque que j'ai découvert Neil Young. C'est une formidable clef d'entrée dans l'univers de ce "chamane rock" ! Disque relativement court (11titres pour 37min), c'est une véritable ode à l'Amérique rurale et profonde, à la face obscure du fameux "American Dream" ! Car derrière ces morceaux à l'apparence bucoliques et apaisés, l'orage gronde, un peux comme un "Twin Peaks" avant l'heure ! Ainsi, drogue et déchéance (Are you ready for the country et The needle and the damage done), racisme (Alabama) côtoient l'amour et le fait d'être père (A man needs a maids), la quête spirituel à la recherche d'un "coeur d'or" (Heart of gold) !

Produit de main de maître par Neil Young et Jack Nitzche, "Harvest" malaxe subtilement rock, folk, country et orchestrations monumentales ! Et bien des années après, il reste encore une référence absolue en la matière, source intarissable d'inspiration pour tout aspirant Folk Rocker ! La pochette au design sobre, épuré et rustique, de couleur beige orangée, est maintenant rentrée dans toutes les mémoires.

Mais ne pouvant s'arrêter en si bon chemin, deux ans plus tard il sortira "On the Beach", suivit de "Tonight's the night" et "Zuma" en 1975. Et ces trois disques sont tous des chef-d'oeuvres, véritables sommets glauques, profonds et hantés à la "beauté malade". A croire que les années soixante-dix appartenait à Neil Young ! Mais ça, c'est une autre histoire !!!!!!!!

                           Francky 01 le 30/03/08